VIOLATION DE LA CONSTITUTION

Le 16 décembre 2016 la Constitution de la Suisse a été violée. Par son propre parlement, par son gouvernement. Et sur une question d’importance qui concerne sa souveraineté territoriale. Les questions migratoires sont en effet des questions de souveraineté territoriale.

Alors que le parlement et le Conseil fédéral avaient reçu du peuple le 9 février 2014 le mandat de remettre des limites au flux migratoire en provenance de l’UE – le flux migratoire de pays tiers étant contingenté, de remettre en place une politique migratoire autonome face à l’UE, la majorité des politiciens à Berne a jeté le vote du peuple à la corbeille. Fait comme s’il n’existait pas. Rien de ce qu’exigeait le peuple n’a été appliqué et ne sera pour l’instant appliqué. On peut ici inventer toutes les arguties que l’on veut la Constitution a été violée.

Ce qui a prévalu c’est un viol des institutions de la Suisse, le viol de sa démocratie directe et le viol de la souveraineté de son peuple.

L’appareil politico-médiatique a fait comme si rien ne s’était passé et continue de le faire.

Le viol d’une Constitution ce n’est pas rien, ça équivaut à violer une parole donnée, un rapport de confiance, un équilibre politique, à violer le destin de millions de personnes et leur liberté, c’est un abus de pouvoir.

Nous ne reviendrons pas sur l’immaturité philosophique béante de cette partie qui gouverne aujourd’hui notre pays, d’individus qui ne semblent même pas s’apercevoir de ce qu’ils ont fait, des conséquences que cela entraîne. Il n’est plus temps de se préoccuper de qu’ils pensent.

Comme le dit l’adage pénal face à celui qui ne comprend pas ou est incapable de comprendre, il y a un moment où il faut lui dire que cela s’arrête, que c’est terminé.

S’ils ne comprennent pas qu’une Constitution a justement pour but de limiter leur pouvoir alors il faut le leur dire, la maxime principiis obsta doit ici s’appliquer, il faut contrer le mal immédiatement, sinon demain nous ne pourrons plus rien faire.

Nous reproduisons ci-après un petit résumé de l’histoire qui a mené à cette violation de notre Constitution. Non qu’elle soit intéressante, elle est au contraire sans aucune grandeur et parfaitement triviale, cupide même. Nous la reproduisons parce qu’elle contient les preuves de ce que nous avançons, et la justification désormais de nos actions. Elle est intimement liée à l’histoire de la libre-circulation européenne qui est un principe politique que les grandes nations de l’UE utilisent pour annexer pas à pas les petits territoires indépendants, la violation de notre Constitution en décembre relève ainsi de la haute trahison, de l’intelligence avec l’étranger.

En 1999 la libre-circulation européenne fut d’abord présentée comme une non-question. Qui ne valait même pas la peine que l’on consulte le peuple. Près de deux décennies de dissimulations et de fourberies politiques venaient de commencer. Il faudra que le peuple réunisse 50’000 signatures pour que la question soit posée devant le peuple pendant que le parlement s’y oppose.

C’est une histoire qui montre l’hypocrisie infinie des gens qui gouvernent. Des dirigeants du PDC romand qui assuraient leurs grands dieux au peuple qu’il n’y aurait pas de problème avec cette question, que la Suisse resterait indépendante, et alors que l’intégration à l’UE faisait déjà pleinement partie des buts stratégiques du Conseil fédéral.

Dans la décennie suivante les Suisses réaliseront que les propos des autorités sur la libre-circulation des personnes, paroles autoritaires reliées par les grands médias et la radio-télévision d’Etat, ne correspondent pas à ce qu’ils sont en train de vivre et d’expérimenter, une péjoration de leurs conditions de vie. Ce fut le commencement du déni, du déni politique et du déni économique par les politiciens et par les autorités.

Le summum sera atteint en 2009 lorsque la Conseillère fédérale Doris Leuthard, PDC elle aussi, va faire campagne pour l’extension et la reconduction de l’accord de libre-circulation, et présente au peuple des chiffres cinq fois plus grands qu’ils ne le sont en réalité, un gain dû à la libre-circulation surévalué de cinq fois. Et personne n’y verra rien, personne ne dira rien, tous les spécialistes de tous acabits, tous les médias reprenant les chiffres faux de la Conseillère fédérale.

Dans une société saine l’on croirait que quelque chose doit alors se passer. Au moins une prise de conscience. Mais non. Rien.

Le peuple suisse a accepté en 2009 de reconduire sans limite la libre-circulation européenne, une question qui porte sur sa souveraineté et la réduit, en votant à partir de chiffres faux qu’on lui a exagérés de cinq fois, un bénéfice enjolivé et totalement faux, en réalité dérisoire.

Comme si la duplicité était un vice sans limite, les politiciens qui ont violé la Constitution en décembre 2016 viennent aujourd’hui nous dire qu’ils ont été légitimés par le peuple pour interpréter le vote du 9 février 2014. Ils disent que le peuple a plusieurs fois dit qu’il voulait la libre-circulation européenne. Sauf que cette fois il a dit non. Qu’il n’en veut plus. Sauf que la fois précédente où le peuple a dit oui il l’a fait sur la base de chiffres faux livrés par les autorités. Sauf que depuis près de deux décennies les informations sur le sujet sont biaisées et manipulées par les politiciens et par les médias. Sauf qu’en 1999 le parlement a tenté de museler le peuple.

L’histoire de la libre-circulation européenne résumée en trois étapes montre dans un premier temps la tentative du parlement d’empêcher le peuple de voter sur cette question, la deuxième des dénis qui ne cessent de se succéder, la manipulation et la présentation de chiffres faux, puis en troisième et dernier acte, lorsque le peuple dit non et vote qu’il n’en veut plus, la confiscation de sa parole et de sa Constitution.

Ceux qui annonçaient depuis des années un coup d’Etat silencieux et rampant voient amers la réalisation soudaine de leur prédiction.

La Suisse a désormais touché le fond. Les gargarismes pitoyables de ceux qui se voient comme une démocratie modèle ne cachent plus rien. Ce sont les mêmes individus que ceux qui depuis deux décennies nous expliquent qu’il n’y a aucun problème. La prochaine étape, la quatrième, à Dieu ne plaise qu’elle ne survienne jamais, ce sera l’effacement, l’absorption de la Suisse dans une ou l’autre région administrative de ce conglomérat européen dirigés par l’Allemagne et la France.

Alors regardez-les bien, ceux qui ont violé notre Constitution, avec leurs complices. Regardez les souriants et s’épanouir après le viol et maintenant jouir de nouveaux postes politiques, comme si rien ne s’était passé.

Ils viennent de vous confisquer votre liberté, votre liberté de déterminer vous-même votre destin et celui de vos enfants, ils viennent de vous enlever vos droits politiques et la démocratie directe.

Allez les regarder, leurs noms et leurs prénoms sont sur le Mur de la Démocratie.

 

1. tentative de museler le peuple en 1999
2. un vote sur la base de fausses informations délivrées par les autorités en 2009
3. le viol de la Constitution en 2016

4. le choix de s’effacer ou de réagir

 

Et vous qu’allez-vous faire ?