FAQ

Vade Mecum sur les affirmations les plus courantes des pro-européens en Suisse.

[Vade-mecum du latin « viens avec moi »: petit livre qu’on porte commodément sur soi, pour se renseigner, pour se diriger.]

Ainsi vous ne serez plus jamais seuls face aux affirmations fallacieuses sur ces questions. Il vous suffira de vous y référer ou d’y renvoyer votre interlocuteur.

 

1)  Le parlement a violé la constitution, mais il n’avait pas le choix, c’est l’Union européenne qui l’a obligé.

C’est faux. Le parlement avait au moins deux moyens importants pour contrer l’UE. Le parlement aurait pu décider de bloquer immédiatement nos versements de 1 milliard au fond de cohésion de l’UE lorsque celle-ci a bloqué Erasmus sans même chercher à discuter.

En janvier 2016 avant le Brexit, lorsque les Britanniques discutaient avec l’UE  ils ont obtenu d’importantes concessions pour limiter l’immigration en provenance de l’UE, la Suisse aurait pu revendiquer au nom du principe d’égalité de traitement et devant les tribunaux européens de bénéficier elle aussi de telles concessions, d’autant qu’elle n’est pas membre de l’UE.

La réalité, c’est que les autorités politiques de la Suisse n’ont strictement rien fait, elles n’ont montré à aucun moment  qu’elle chercheraient à résister et à défendre la volonté du peuple suisse. Elles ont continué au contraire avec zèle à remplir toutes les demandes de l’UE. Ce n’est pas comme ça que l’on s’oppose.

Il n’y a eu de la part de l’appareil politique suisse aucune tentative de résistance face à l’UE, le calendrier des relations entre la Suisse et l’UE montre que les autorités helvétiques ont continué leur relation dès le début comme si le 9 février n’avait jamais existé. Ces faits sont développés dans la plainte qui a été  déposée auprès du Ministère public de la Confédération. Nous les rendrons publics prochainement.

 

2) Le parlement a fait son travail et a mis en place une application light de la votation du 9 février. 

C’est totalement faux. L’application light est une pure supercherie inventée d’on ne sait où. Rien de ce que le peuple a voté le 9 février, à savoir retour d’une politique migratoire autonome face à l’UE, rétablissement de contingents pour les migrants UE, n’est appliqué, strictement rien.

 

3) Ce n’est pas de toute façon pas une question si importante.

C’est au contraire la question politique la plus importante qui soit, parce qu’elle touche à la souveraineté de la Suisse et de son peuple. Pendant des décennies des professeurs de droit public ont affirmé qu’il n’y avait pas de problème de souveraineté, que les accords nous permettaient d’en ressortir si nous le voulions.

Aujourd’hui que le peuple a décidé de sortir de la libre-circulation des personnes on nous explique que ce n’est pas possible et l’on confisque le vote du peuple et le jette à la corbeille.

Aucun juriste ne peut affirmer que ce n’est pas une question extrêmement grave.

 

4) L’Union européenne a amené 70 ans de paix et de prospérité à l’Europe.

C’est un mythe soigneusement entretenu. Ce qui a changé au sortir de la guerre ce n’est pas la disparition de la volonté de domination de l’Allemagne et de la France sur les autres nations d’Europe. Ce qui a changé c’est le déplacement des localisations des sources d’énergies et de matières premières. Les batailles sanglantes franco-allemandes autour des bassins miniers du charbon et de l’acier en Belgique, Nord de la France, dans  la Ruhr et la Pologne, ont laissé place à des guerres lointaines dans les champs prétrolifères et gaziers ou dans les régions d’extraction d’uranium et autre matière premières. Ce sont les enjeux qui se sont déplacés.

L’Union européenne se comporte envers la Suisse en usant du droit du plus fort, sous une forme polie, mais du droit du plus fort quand même. Le directoire franco-allemand est par ailleurs totalement responsable de la chute économique de la Grèce puis de sa mise sous tutelle ainsi que de manière moins directe d’autres pays périphériques comme l’Espagne ou le Portugal dont le chômage des jeunes reste endémique, malgré « l’incroyable » prospérité européenne.

L’endettement du peuple grec provient pour une grande partie de dépenses militaires surdimensionnées qui ont servi à soutenir l’industrie allemande et française à la chute du Mur de Berlin lorsque les commandes militaires se sont effondrées. La Grèce est tout simplement devenue alors un Etat-client et vassal du couple franco-allemand, un pays dont le peuple doit aujourd’hui vendre ses autoroutes et ses ports pour rembourser les dettes qu’ils ont contractées pour soutenir les industries du noyau des pays les plus riches de l’UE. [Lire : La dette grecque ou La honte de l’Europe].

Ce qui a poussé le Royaume-Uni hors de l’UE, ce sont les gentilles et pacifiques exigences du couple franco-allemand à faire déplacer les actifs de la place financière britannique dans la zone euro, de les faire déplacer à Bruxelles et Francfort. [Lire : Brexit. Un référendum à 200’000 miliards.]

On peut appeler tout ça paix et prospérité. Ça peut aussi avoir un autre nom.

 

5) Mais la libre circulation a rapporté beaucoup d’argent à la Suisse.

C’est encore une contrevérité. La libre circulation a seulement fait changer la taille de la Suisse et les gains non rapportés aux charges encore à venir permettent de faire croire que la situation économique de la Suisse s’est assainie alors qu’au contraire elle ne cesse de se péjorer.

Les proeuropéens ont expliqué pendant plus d’une décennie que la libre-circulation des personnes avait amené une prospérité unique à la Suisse mais dans toutes les collectivités publiques il y a maintenant des restrictions budgétaires, des dépenses qu’ils déclarent que l’on ne peut plus assumer. Vous êtes vous déjà demandé pourquoi ? Si ces années de prospérité étaient telles qu’ils les ont présentées comment se fait-il que l’on doive recourir maintenant à des restrictions budgétaires ?

On peut illustrer la réponse avec ce qui est en train de se passer avec les transports publics à Genève.

Les transports publics sont un service rendu à la collectivité. Avec l’explosion démographique à Genève la première intuition serait de se dire, plus de monde = plus de passagers = coût unitaire et rendement amélioré.

C’est exactement l’inverse qui se produit. Le coût par habitant des transports publics à Genève a explosé. C’est le phénomène de déséconomie d’échelle, plus de monde entraîne proportionnellement plus de charges, ce phénomène est expliqué dans l’essai publié dans les documents.

 

 

La courbe bleue montre la progression du coût par habitant pour les transports publics à Genève. La baisse dès 2013 est liée à des changements comptables puis dès 2014 à une initiative populaire ayant voté une baisse des tarifs. En 2016 il manquait près de 10 millions aux TPG pour boucler leurs comptes.

La courbe rouge montre l’inévitable progression qui va suivre du fait que les Genevois d’une manière ou d’une autre devront financer le déficit actuel, auquel se rajouteront les déficits de la mise en service et de l’exploitation du réseau express régional CEVA. Aucune voie ferrée ne peut fonctionner sans subventions.

Ce graphique montre que les transports publics genevois coûtent de plus en plus cher à ses habitants.

Bien sûr certains ont gagné et gagnent plus d’argent, mais aucun économiste ne peut affirmer qu’une société dont les coûts de fonctionnement par habitant ne cessent d’augmenter est en train de s’assainir économiquement ou est en train de devenir plus compétitive. C’est même l’inverse qui est vrai. De même lorsque ce phénomène d’aggravation des coûts unitaires se répercutent dans tous les secteurs de la société  face à une société mondiale en pleine expansion et de plus en plus compétitive. La Suisse est en réalité en train de s’appauvrir et de détruire ses avantages compétitifs. [Pour plus de précisions lire l’essai dans les documents].

 

6) Oui, mais le gouvernement et les partis gouvernementaux disent que la libre-circulation est bonne pour nous, on peut quand même leur faire confiance.

Si vous pensez que des personnes qui refusent de dire la vérité, qui violent la Constitution, et qui n’ont tenu aucun compte des effets à long terme de la libre-circulation, sont des personnes en qui vous pouvez avoir confiance, alors vous avez sans doute un problème d’objectivité.